Carta Marina

Chef-d’œuvre de la cartographie vénitienne du XVIe siècle, la Carta Marina constitue l’une des premières représentations précises de la mer Baltique et des terres qui lui sont limitrophes, depuis la péninsule scandinave jusqu’à l’Islande.

Surtout, elle est l’illustration d’un territoire autant que d’un imaginaire, et la géographie avérée y côtoie les créatures fantastiques, les contrées légendaires et les scènes épiques.

Carte pliée
166 x 225 mm
Carte dépliée
675 x 500 mm
Une carte au recto,
son histoire au verso.

« L’île s’étend du nord au sud sur une longueur de cent milles allemands. Dans sa majeure partie, elle est montagneuse et n’est pas cultivée, en particulier dans les régions septentrionales à cause de la violence redoutable du vent du Nord, le Circius, qui empêche même les buissons de pousser. L’île mérite d’être mentionnée pour ses phénomènes merveilleux. Il existe entre autres une montagne ou un promontoire qu’un feu continuel fait rougeoyer comme l’Etna et dont on dit qu’il est une punition et un lieu de purification pour les âmes corrompues. »

Olaus Magnus

Imprimée à Venise en 1539, la Carta Marina est l’une des premières représentations cartographiques de la péninsule scandinave. Fruit de douze ans de recherches menées par le géographe et historien Olaus Magnus, la carte présente la région de la Baltique située au nord de l’Écosse. On y aperçoit notamment les Shetland, l’île de Thulé, les Îles Féroé et l’Islande. Initialement destinée à illustrer un livre d’histoire scandinave, l’Historia de gentibus septentrionalibus, la carte est finalement publiée séparément, quinze ans avant l’édition du livre. Les nombreux détails qui y sont représentés en font à son époque la carte la plus précise de cette région du monde.
L’auteur

Né en 1490 à Linköping, Olaf Månsson, plus connu sous son nom latinisé Olaus Magnus, est un religieux, historien, géographe et auteur suédois. Étudiant à Rostock, il décide de s’orienter vers la religion et devient archidiacre de Strängnäs, ce qui lui donne l’occasion de de se familiariser avec les provinces septentrionales de Suède. Quelques années après que la Réforme a commencé d’être prêchée, la Suède devient protestante et Magnus fuit à Rome avec son frère aîné Johannes, archevêque dont il est très proche. Dans le but d’attirer l’attention du Vatican sur son pays, il entreprend la réalisation de l’Historia de gentibus septentrionalibus. Il consacre dès lors sa vie à ce livre qui deviendra jusqu’au XVIIe siècle l’ouvrage de référence concernant les pays nordiques. Olaus Magnus passe les dernières années de sa vie dans le monastère Sainte-Brigitte à Rome avant de s’éteindre en 1557.  Il est enterré au côté de son frère dans l’église du Vatican.

Tabula Rogeriana

La Tabula Rogeriana resta pendant près de trois siècles la carte du monde la plus précise jamais réalisée et constitue aujourd’hui un témoignage rare du monde tel que les savants médiévaux se le représentaient : inversion des pôles, archipels d’îles fantaisistes et littoraux aux étranges contours.

Carte pliée
163 x 225 mm
Carte dépliée
980 x 455 mm
Une carte au recto,
son histoire au verso.
« La terre est essentiellement ronde, mais non point d’une rotondité parfaite, puisqu’il y a des élévations et des bas-fonds, et que les eaux coulent des unes aux autres. La mer Océane entoure la moitié du globe sans interruption comme une zone circulaire, en sorte qu’il n’en apparaît qu’une moitié, comme si c’était, par exemple, un œuf plongé dans de l’eau laquelle serait contenue dans une coupe : c’est ainsi que la moitié de la terre est plongée dans la mer. La mer est elle-même entourée d’air, et l’air éprouve les attractions et les répulsions dont nous venons de parler. »
Al Idrissi
Popularisée sous le nom de Tabula Rogeriana, en français Le Livre de Roger, cette œuvre commandée par Roger II de Sicile a été établie par le géographe arabe Muhammad Al Idrissi en 1154. Après quinze ans de synthèse entre ses souvenirs personnels de voyage, les récits d’explorateurs et les livres de géographie de l’époque, Al Idrissi réalise alors ce qui restera pendant près de trois siècles la carte du monde la plus précise jamais réalisée. En accord avec sa religion, Al Idrissi a par ailleurs configuré l’espace de sa carte de façon à ce que la Mecque y occupe une position centrale.
L’auteur

Géographe et botaniste, Muhammad Al Idrissi est probablement né dans la région de Sebta, l’actuelle enclave espagnole de Ceuta au Maroc, vers 1100. Élevé à Cordoue, qui était alors l’une des plus grandes villes du monde, Al Idrissi rêve d’aventure. Il voyage au Maghreb, en péninsule ibérique et en Asie Mineure et rapporte de ses périples des pages entières de notes sur la géographie et la flore locales. Il débarque ensuite à Palerme où il est appelé à la cour du roi Roger pour réaliser un planisphère du monde connu. Il travaille 15 ans sur la carte et les descriptions qui l’accompagnent. Si son œuvre ne fut que peu appréciée de son vivant, la Tabula Rogeriana inscrit son nom dans la postérité. Peu de traces de sa vie subsistent car les biographes arabes l’ont largement ignoré, probablement à cause de ses liens avec un roi chrétien, dans un contexte de très fortes tensions religieuses. Sa vie discrète et nomade n’a en outre sans doute pas favorisé la reconnaissance de ses recherches, pourtant considérables. Après avoir continué ses voyages pour étudier les plantes médicinales et réalisé certaines découvertes capitales en botanique, il meurt entre 1165 et 1175, en Sicile ou à Ceuta.