À chacune des collections annuelles de Reliefs correspond une série de cartes géographiques anciennes éditées au format poster. Avec une carte au recto et son histoire au verso, la collection Géographie nostalgique répond à la rubrique du même nom située dans les premières pages de la revue. Ces trésors de la cartographie, issus des quatre coins du monde sont imprimés sur des papiers haut de gamme. L’appareil critique inédit qui vient les compléter est mis en page et en valeur avec un contenu graphique soigné dans l’univers de la revue. Les cartes Géographie nostalgique sont distribuées dans un élégant fourreau.

Collection Horizon

Creatio Universi

Depuis Ptolémée et Tycho Brahé jusqu’à Galilée, la Creatio Universi retrace l’histoire des conceptions cosmologiques qui ont marqué la pensée scientifique occidentale. Diagrammes, sphères armillaires et figures ornent cette gravure lumineuse, témoignage scintillant des dernières lueurs de l’art baroque au XVIIIe siècle.

Carte pliée
163 x 250 mm
Carte dépliée
650 x 500 mm
Une carte au recto,
son histoire au verso.
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« De la Physique augmenter la beauté
Quoy que si fort en beauté elle abonde ;
C’est ce que fit l’Autheur de ce Traité
Qui l’eut rendu fameux par tout le Monde
Si cet Autheur dejà ne l’eut eté.

Pour attirer l’Amour aussi bien que la Foy
Aux sublimes beautés de nôtre sainte Loy
Scheuchzer leur prete icy la voix de la Nature ;
Et son sçavoir guidant un habile pinçeau
Il sçait par une route aussi neuve que sur
Pour les divins Écrits donner un goût nouveau. »

Gabriel Seigneux, Épigramme des Physica Sacra

Publiée en 1731 et réalisée par Melchior Füssli, la Creatio Universi est la toute première des 762 gravures qui ornent les Physica sacra, dernier et monumental ouvrage de Johann Scheuchzer. Dans ce livre, où l’auteur s’efforce de proposer une Histoire naturelle valable aussi bien pour la science que pour l’Église, la Creatio universi a pour fonction de soutenir l’explication scientifique du chapitre biblique de la Genèse, c’est-à-dire de la création de l’Univers par Dieu. Ainsi, au centre de la carte se déploie un imposant diagramme circulaire représentant le cosmos selon la théorie alors admise, la théorie héliocentrique. Tout autour de ce schéma central, le bestiaire des constellations du Zodiaque s’enroule en une ronde fabuleuse, tandis que de petits schémas illustrent les autres théories cosmologiques ayant marqué l’histoire des sciences occidentales, depuis le géocentrisme de Ptolémée jusqu’au géo-héliocentrisme de Tycho Brahé.
L’auteur

Né à Zürich en 1672 dans une famille de médecins, Johann Scheuchzer s’affirma comme l’un des pionniers de la paléontologie. Il popularisa en effet la thèse aujourd’hui admise selon laquelle les fossiles sont des restes d’êtres vivants. Scheuchzer affirmait alors qu’il s’agissait de restes d’animaux dispersés lors du grand Déluge de Noé. Si la théorie de Scheuchzer, très influencée par le texte biblique, peut paraître aujourd’hui fantaisiste, elle représente pourtant un progrès notable par rapport aux hypothèses qui s’imposaient à l’époque et selon lesquelles les fossiles étaient de nature purement minérale. C’est ainsi, grâce à Scheuchzer, que l’étude des fossiles devint une discipline à part entière, à partir de laquelle Cuvier put véritablement concevoir la théorie des extinctions de masse et Lamarck celle de l’évolutionnisme. Partisan d’une théologie naturelle, Scheuchzer est l’auteur d’un livre-testament monumental : les Physica sacra.

Planisphaerium Coeleste

Le Planisphærium cœleste est une somptueuse carte sur laquelle se côtoient de multiples illustrations à dessein scientifique aussi bien que décoratif : aux côtés de diagrammes et schémas cosmologiques retraçant l’histoire de l’astronomie se déploie l’imagerie foisonnante et insolite du fabuleux bestiaire des constellations.

Carte pliée
163 x 280 mm
Carte dépliée
817 x 560 mm
Une carte au recto,
son histoire au verso.
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« Pour qui veut étudier l’astronomie, une certaine connaissance des étoiles principales de l’univers est primordiale ; et parmi ces luminaires, ceux qui sont situés dans le voisinage immédiat de l’écliptique doivent faire l’objet d’une attention particulière, puisque c’est à l’intérieur ou près de ce cercle que le Soleil, la Lune et les planètes gravitent incessamment. C’est cependant surtout pour le marin que cette connaissance est nécessaire, lui qui, voyageant à travers l’océan vaste et sans chemins, doit savoir saisir toutes les opportunités que les étoiles lui offrent d’évaluer la position de son navire. Ainsi, pour lui, cette carte des étoiles du zodiaque est tout particulièrement recommandée : grâce à elle, il pourra facilement retrouver, dans les cieux, ces astres que l’on utilise pour connaître la longitude, et ceux qu’il convient d’observer pour déterminer l’heure et la latitude… »
J.W. Norie, Explanation and use of the Planisphærium cœleste
Le Planisphærium cœleste de Frederik de Wit, publié aux alentours de 1680, ne faisait à l’origine partie d’aucun atlas ou recueil de cartes. La richesse de ses illustrations et de son contenu lui permettait en effet de se constituer en pièce indépendante, pouvant être acquise à but aussi bien décoratif qu’utilitaire. Suite à son succès et son acuité scientifique exceptionnelle, il fut cependant ultérieurement publié au sein de divers ouvrages et rééditions d’opus aussi prestigieux que l’Atlas Major d’Allard, en 1705, ou l’Atlas Nouveau de Sanson. Véritable tableau récapitulatif du savoir astronomique de son époque, la carte comporte plusieurs éléments : au centre, la cartographie richement illustrée de 57 constellations visibles dans les hémisphères Sud et Nord ; et sur les côtés, des schémas plus petits qui éclaircissent d’autres aspects du savoir cosmologique de l’époque : phases de la Lune, mouvement des marées, théories cosmologiques passées, etc.
L’auteur

Frederik de Wit (1629-1706) est l’un des cartographes les plus brillants du siècle d’or néerlandais. Né dans une famille protestante de Gouda, De Wit vient tenter sa chance à Amsterdam dès l’âge de dix-neuf ans et ouvre, quelques années plus tard, en 1648, une imprimerie à l’enseigne Die Drie Crabben (Les Trois Crabes). En 1655, il décide de renommer son entreprise sous le nom de Die Witte Pascaert (La Carte marine blanche), qui consacre sa spécialisation dans le secteur cartographique. Plusieurs types de cartes y étaient réalisés : des atlas et des cartes régionales, pour commencer, puis, à partir de 1675, des atlas marins et, enfin, des cartes urbaines, essentiellement à partir de 1695. L’atlas le plus complet qui y fut réalisé ne contenait pas moins de 151 cartes. Citoyen d’Amsterdam par son mariage et membre d’une guilde importante, De Wit parvient de son vivant à faire de Die Witte Pascaert une maison cartographique de réputation mondiale.

 

 

Collection Explorer les dernières frontières

Carta Marina

Chef-d’œuvre de la cartographie vénitienne du XVIe siècle, la Carta Marina constitue l’une des premières représentations précises de la mer Baltique et des terres qui lui sont limitrophes, depuis la péninsule scandinave jusqu’à l’Islande.

Surtout, elle est l’illustration d’un territoire autant que d’un imaginaire, et la géographie avérée y côtoie les créatures fantastiques, les contrées légendaires et les scènes épiques.

Carte pliée
166 x 225 mm
Carte dépliée
675 x 500 mm
Une carte au recto,
son histoire au verso.
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« L’île s’étend du nord au sud sur une longueur de cent milles allemands. Dans sa majeure partie, elle est montagneuse et n’est pas cultivée, en particulier dans les régions septentrionales à cause de la violence redoutable du vent du Nord, le Circius, qui empêche même les buissons de pousser. L’île mérite d’être mentionnée pour ses phénomènes merveilleux. Il existe entre autres une montagne ou un promontoire qu’un feu continuel fait rougeoyer comme l’Etna et dont on dit qu’il est une punition et un lieu de purification pour les âmes corrompues. »

Olaus Magnus

Imprimée à Venise en 1539, la Carta Marina est l’une des premières représentations cartographiques de la péninsule scandinave. Fruit de douze ans de recherches menées par le géographe et historien Olaus Magnus, la carte présente la région de la Baltique située au nord de l’Écosse. On y aperçoit notamment les Shetland, l’île de Thulé, les Îles Féroé et l’Islande. Initialement destinée à illustrer un livre d’histoire scandinave, l’Historia de gentibus septentrionalibus, la carte est finalement publiée séparément, quinze ans avant l’édition du livre. Les nombreux détails qui y sont représentés en font à son époque la carte la plus précise de cette région du monde.
L’auteur

Né en 1490 à Linköping, Olaf Månsson, plus connu sous son nom latinisé Olaus Magnus, est un religieux, historien, géographe et auteur suédois. Étudiant à Rostock, il décide de s’orienter vers la religion et devient archidiacre de Strängnäs, ce qui lui donne l’occasion de de se familiariser avec les provinces septentrionales de Suède. Quelques années après que la Réforme a commencé d’être prêchée, la Suède devient protestante et Magnus fuit à Rome avec son frère aîné Johannes, archevêque dont il est très proche. Dans le but d’attirer l’attention du Vatican sur son pays, il entreprend la réalisation de l’Historia de gentibus septentrionalibus. Il consacre dès lors sa vie à ce livre qui deviendra jusqu’au XVIIe siècle l’ouvrage de référence concernant les pays nordiques. Olaus Magnus passe les dernières années de sa vie dans le monastère Sainte-Brigitte à Rome avant de s’éteindre en 1557.  Il est enterré au côté de son frère dans l’église du Vatican.

Tabula Rogeriana

La Tabula Rogeriana resta pendant près de trois siècles la carte du monde la plus précise jamais réalisée et constitue aujourd’hui un témoignage rare du monde tel que les savants médiévaux se le représentaient : inversion des pôles, archipels d’îles fantaisistes et littoraux aux étranges contours.

Carte pliée
163 x 225 mm
Carte dépliée
980 x 455 mm
Une carte au recto,
son histoire au verso.
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« La terre est essentiellement ronde, mais non point d’une rotondité parfaite, puisqu’il y a des élévations et des bas-fonds, et que les eaux coulent des unes aux autres. La mer Océane entoure la moitié du globe sans interruption comme une zone circulaire, en sorte qu’il n’en apparaît qu’une moitié, comme si c’était, par exemple, un œuf plongé dans de l’eau laquelle serait contenue dans une coupe : c’est ainsi que la moitié de la terre est plongée dans la mer. La mer est elle-même entourée d’air, et l’air éprouve les attractions et les répulsions dont nous venons de parler. »
Al Idrissi
Popularisée sous le nom de Tabula Rogeriana, en français Le Livre de Roger, cette œuvre commandée par Roger II de Sicile a été établie par le géographe arabe Muhammad Al Idrissi en 1154. Après quinze ans de synthèse entre ses souvenirs personnels de voyage, les récits d’explorateurs et les livres de géographie de l’époque, Al Idrissi réalise alors ce qui restera pendant près de trois siècles la carte du monde la plus précise jamais réalisée. En accord avec sa religion, Al Idrissi a par ailleurs configuré l’espace de sa carte de façon à ce que la Mecque y occupe une position centrale.
L’auteur

Géographe et botaniste, Muhammad Al Idrissi est probablement né dans la région de Sebta, l’actuelle enclave espagnole de Ceuta au Maroc, vers 1100. Élevé à Cordoue, qui était alors l’une des plus grandes villes du monde, Al Idrissi rêve d’aventure. Il voyage au Maghreb, en péninsule ibérique et en Asie Mineure et rapporte de ses périples des pages entières de notes sur la géographie et la flore locales. Il débarque ensuite à Palerme où il est appelé à la cour du roi Roger pour réaliser un planisphère du monde connu. Il travaille 15 ans sur la carte et les descriptions qui l’accompagnent. Si son œuvre ne fut que peu appréciée de son vivant, la Tabula Rogeriana inscrit son nom dans la postérité. Peu de traces de sa vie subsistent car les biographes arabes l’ont largement ignoré, probablement à cause de ses liens avec un roi chrétien, dans un contexte de très fortes tensions religieuses. Sa vie discrète et nomade n’a en outre sans doute pas favorisé la reconnaissance de ses recherches, pourtant considérables. Après avoir continué ses voyages pour étudier les plantes médicinales et réalisé certaines découvertes capitales en botanique, il meurt entre 1165 et 1175, en Sicile ou à Ceuta.